La Croix Rouge veut appliquer le Droit International Humanitaire aux jeux vidéo

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Cette semaine se tenait à Genève la 31e conférence internationale de la Croix Rouge et du Croissant Rouge, évènement lors duquel les discussions ont principalement porté sur le renforcement de la protection juridique des victimes des conflits armés, le renforcement de la législation relative aux catastrophes, le renforcement de l’action humanitaire au niveau local et la manière de lever les obstacles aux soins de santé. 

En parallèle, le Comité International de la Croix Rouge, branche principale de la plus vieille organisation humanitaire au monde, s’est réuni en petit comité pour aborder la question de la violence dans les jeux vidéo et leur portée sur les joueurs, en se concentrant en particulier sur le respect du Droit International Humanitaire établit en 1949 et à la base de bon nombre de règles qui régissent les conflits entre pays ou entre populations, la plus connue étant probablement l’interdiction de la torture. Les membres de l’organisation ont trouvé comme conclusion qu’il faudrait demander le respect du DIH dans tous les jeux vidéo à venir. Le communiqué officiel rapportant le contenu global de l’échange disait :

Alors que le mouvement travaille dur pour promouvoir le Droit International Humanitaire (DIH) dans le monde, il y a une population d’environ 600 millions de joueurs qui semble violer le DIH dans un monde virtuel. Déterminer exactement à quel point les jeux vidéo influencent les personnes et un sujet très débattu, mais pour la première fois, les partenaires de l’association ont évoqué notre rôle et nos responsabilités à prendre des actions contre les violations du DIH dans les jeux vidéo […]. Il a été demandé aux intervenants : « Que devons-nous faire ? Quelle serait la méthode la plus efficace » pour faire respecter ces droits ? Alors que le comité international a partagé ses expériences et ses opinions, il n’y a clairement pas de réponse à cela. Il y a malgré tout un consensus partagé et une motivation selon lesquels il faudrait agir.

Si le CICR n’émet pas de proposition claire, elle tient visiblement à faire réfléchir les joueurs et les éditeurs sur le rôle des jeux de guerre sur notre perception de la guerre moderne et du Droit International Humanitaire. Mais devrions-nous vraiment appliquer ces règles à des actions purement fictives et virtuelles ? Le fait de violer le DIH est-il réellement plus grave qu’en visionner un dans un reportage ou un long-métrage de fiction ou d’en lire un dans un rapport de presse ou une œuvre écrite ? Pour le moment, chacun devra son faire son opinion, à moins que les officiels ne décident de prendre une position officielle dans les années qui viennent.