HS – Cybercriminalité : la gendarmerie nationale emploie les gros moyens

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Cybercriminalité

La criminalité n’est pas née de la dernière pluie, bien au contraire. Aussi vieux qu’est le monde, elle s’est installée, seulement, avec l’arrivée d’Internet il y a quelques années, une nouvelle criminalité a fait son apparition : la cybercriminalité ou e-Criminalité.

Les criminels sont désormais cachés derrière leurs écrans et peuvent transgresser tout un tas de lois. Cette nouvelle forme de délinquance s’est propagée comme un virus qui peut toucher de plus en plus de monde, puisque la plupart des foyers sont équipés d’un ordinateur de nos jours.

C’est donc contre ces criminels d’un nouveau genre que la gendarmerie nationale et notamment celle du Fort de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) tente de lutter. De nouveaux dispositifs ont donc été inaugurés afin de maximiser leurs chances de les « coincer ». Par conséquent, un plateau d’investigation cybercriminalité et analyses numériques a été créé. Il a vocation à développer les synergies au sein du PJGN sous trois angles :

  • Activités criminalistiques : extraction de données, analyse de traces numériques, études des réseaux télécoms et des virus ;
  • Activités transverses : guichet unique téléphonie et Internet pour contacter plus rapidement les bons interlocuteurs chez les opérateurs, R&D, outils communautaires ;
  • Activités judiciaires : atteintes aux mineurs sur Internet, analyse des images de pédopornographie et investigations sur Internet.

Le lieutenant-colonel Éric Freyssinet, chef de la division de la lutte contre la cybercriminalité au PJGN, rappelle les enjeux de ces nouvelles mesures prises afin de lutter contre ce phénomène en mutation depuis une dizaine d’années et qui reste toujours aussi compliqué à évaluer :

On n’arrive pas à chiffrer le volume de cyberescroqueries. L’émergence de la cybercriminalité organisée remonte à 2000, année charnière.

La cybercriminalité comporte des différences avec les criminels traditionnels, comme nous l’explique Éric Freyssinet :

On parle plus d’écosystèmes que de groupes criminels, de personnes associées temporairement qui procèdent à des échanges par des forums. On peut acheter un virus sur Internet ou apprendre à devenir un délinquant numérique sur Internet.

Les cybercriminels ou pirates œuvrent donc « dans le noir » et peuvent, par exemple, se créer des pseudonymes et se donner une certaine image, tandis que les internautes ne se doutent pas de qui se cache vraiment derrière ces pseudos. Les profils de ces individus sont donc multiples : attaquants ou escrocs isolés, électroniciens (pour détourner les numéros de cartes bancaires), poseurs (installation de faux claviers de distributeur de billets ou skimming), « mules » (c’est-à-dire des chargés de petites missions, intermédiaires, coursiers pour le compte de fraudeurs en ligne), script-kiddies (des jeunes pirates en herbe), développeurs, des réseaux de crime organisé…

Éric Freyssinet précise :

En France, nous avons assez peu de développeurs de virus, mais beaucoup de mules qu’un groupe criminel considère comme des ressources jetables.

Ainsi, les gendarmes officiant sur le terrain bénéficient désormais d’une formation en technologies numériques : 60 experts ingénieurs au niveau national, 240 enquêteurs en technologies numériques (ou NTECH) et 750 correspondants (C-NTECH). Parallèlement à la gendarmerie nationale, il existe des unités spécialisées de la police nationale en charge de la criminalité à l’ère numérique comme l’OCLCTIC ou la BEFTI.